Spectacle littéraire 2007 NaissancePour une troisième année consécutive, le spectacle de la Fédération s'est tenu à la Chapelle historique du Bon-Pasteur au 100, rue Sherbrooke Est à Montréal. Le soir du 8 mai, les spectateurs ont d'abord assisté à la lecture de cinq créations littéraires de membres de la Fédération, dont une de la regrettée Colette Larose, décédée le 10 novembre 2006. Odile Plonquet et Diane Simoneau interprétant La naissance de Vénus, de Louise Villemaire
La seconde partie du spectacle a permis de découvrir ou de redécouvrir le très beau texte poétique de Madeleine Ouellette-Michalska, La danse de l’amante, créé sur les ondes de Radio-Canada, dans une version abrégée, le 29 octobre 1986. Mme Ouellette-Michalska était présente pour cette première présentation sur scène de sa pièce qui s'articule autour du personnage de la mère, figure ambivalente à la fois aimée et détestée qui unit les êtres autant qu'elle les sépare et qu'il faut fuir pour pouvoir s'en libérer. À l'arrière plan : David Gadoury À l'avant plan : Pierre Mailhot et Lucie-Soleil Ouellet
Au lendemain du spectacle, l'auteure de ce dernier texte a fait parvenir ce témoignage à la Fédération : Quand on naît dans la guerre, on trouve ça normal, on est obligé de taire notre souffrance et notre révolte, pour survivre. On doit s'habituer à vivre dans l'abri souterrain, à voir les immeubles et les bâtiments grugés de balles et d'obus, à baisser la tête dans l'auto quand on traverse une ligne de francs-tireurs, à faire la file des heures pour avoir de l'essence ou du pain. On s'attache et on apprend à aimer notre quotidien, on se concentre sur les joies d'être en famille, de jouer avec les amis, de manger quelque chose de bon, de vivre dans un village à la montagne où la nature est magnifique (c'était là qu'on se réfugiait des moments les plus intenses de la guerre). Puis lorsqu'on immigre au Canada, on tait notre souffrance d'être en exil. On veut s'habituer et apprécier le nouveau pays. On veut oublier notre peine et profiter de notre nouvelle situation. Imaginez l'effet, quand le passé émerge des années plus tard (guerre de l'été dernier), et que maintenant on a une voix, étant adulte. Que des gens veulent écouter notre voix. Qu'ils nous accueillent. C'est très émouvant. Outre les metteurs en scène Pierre Mailhot et Lucie-Soleil Ouellet, le spectacle regroupait les interprètes suivants : Diane Simoneau, Pierrette Cloutier, Odile Plonquet et David Gadoury.
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Cliquez sur l’illustration pour connaître l’artiste Ce matin, elle a vu une ambulance dans l’entrée de notre voisin Richard. Pour lui, la mort viendra bientôt, il ne l’a pas invitée mais depuis novembre, elle malmène son corps avant d’avaler son âme. Indifférents, des ados attendent leur transport scolaire, vêtus de leurs manteaux d’illusions. Dans une torpeur feutrée, bercée par des flocons paresseux qui voltigent mollement telles des plumes échappées d’un édredon céleste, une journée d’hiver s’achève. Caroline craint la venue d’une autre nuit sans rêve. Odile Bélisle Il neige |